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| | 7 ) « Le second Moyen-Age » | |
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belzelph Chûgakusei


Nombre de messages: 152 Localisation: rennes Date d'inscription: 19/11/2006
 | Sujet: 7 ) « Le second Moyen-Age » Dim 15 Juil - 23:57 | |
| Je poste une serie de sujet sur l'histoire du japon. Ceci est le résultat d'une prise de note. j'ai suivis cette initiation à la fac il y a deux ans déjà. vous pouvez la lire vous en servir mais ne nous l'approprier pas merci | Citation: | Du temps des Ashikaga, au « temps des provinces en guerre » On assiste à une crise de société dans les années 1280, 1350, et à un changement de régime. Ces deux événements font rentrer le Japon dans le « second Moyen-Age » dont la fin se situe au milieu du 16e siècle, au « temps des provinces en guerre ». Ce « temps des provinces en guerre » correspond à un éclatement, un morcellement du pouvoir, et la réunification du Japon qui a lieu au 16e siècle correspond à la période d’Edo.
Ce « second Moyen-Age » est marqué par une tendance prévalent à l’éclatement des pouvoirs. C’est une période caractérisé par le Gekokujo. En même temps, le« second Moyen-Age » est marqué par un grand dynamisme social et culturel. L’éclatement des pouvoirs, déjà perceptible dès le début du 15e siècle, s’accélère à la fin du 15e siècle, après les guerres d’Ônin (des guerres intérieures de l’ère impériale d’Ônin) en 1467-1477. Ce sont des guerres stériles et dévastatrices.
I / Historique de la consolidation et du déclin du shogunat des Ashikaga
1) L’éphémère succès de Go-Daijo et le « schisme impérial »
En 1333, la coalition qui a vaincu les Hojo était très hétéroclite : - des nobles de cour hostiles au bakufu en tant que système, au pouvoir des guerriers (incarnés par Go-Daijo) - des grandes familles aristocratiques guerrières brouillées avec les Hojo, mais favorables au bakufu en tant que système comme les Ashikaga (NB : les Ashikaga sont d’ascendance Minamoto).
La masse de manœuvre était constituée de petits guerriers mécontents, provenant surtout du Kinai, certains étant des chefs de bandes d’akuto. Parmi eux, Go-Daijo a trouvé quelques-uns uns de ses généraux les plus fidèles, comme Kusunoki Masachige, un guerrier de la province de Kawachi, à l’est de la baie d’Osaka. En 1336, il déconseille à Go-Daijo d’affronter les Ashikaga à la bataille de la Minatogawa, parce qu’il prévoyait une défaite. Mais Go-Daijo n’a pas écouté, il a voulu quand même combattre. Le soir de la défaite, Kusunoki Masachige s’est suicidé.
La victoire de 1333 consacre la le succès de Go-Daijo, mais il se révèle mauvais gouvernant. Il a beau être actif et persévérant, il commande à tort et à travers, et multiplie les lois. Un de ses généraux, Kitabatake Akiie le lui a reproché : « il ne faut pas changer les lois sans cesse ». De plus, Go-Daijo a placé des parvenus aux postes importants.
Beaucoup de mécontents se tournent ainsi vers le chef de file des Ashikaga : Ashikaga Takauji, qui se voyait comme un nouveau Minamoto no Yoritomo. Takauji cherche à exercer une politique personnelle. En 1335, il exige d’être nommé shogun, et Go-Daijo refuse. Takauji entre alors en rébellion, ce qui entraîne une guerre civile, et la défaite de Go-Daijo à Minatogawa en 1336.
Cette défaite n’est pourtant pas un anéantissement de Go-Daijo, qui s’est enfui avec les insignes impériaux dans les monts de Kii, à Yoshino. Mais Takauji avait installé un nouvel empereur à Kyoto : une guerre civile s’ensuit, ainsi qu’un schisme impérial. Go-Daijo et ses successeurs ont régné à Yoshino jusque 1392. La période 1336-1392 est dite Nanbokucho (époque des cours du nord et du sud). C’est une appellation élaborée en référence à un épisode de l’Histoire chinoise.
Il ne faut pas croire pourtant qui le régime des Ashikaga s’est installé d’emblée, et que la cour de Yoshino était un pouvoir marginal. Go-Daijo meurt bien en 1339, mais ses successeurs sont accompagnés de bons généraux : Kitabatake Chikafusa mort en 1354 par exemple a été très important. D’ailleurs, tant qu’il a vécu, la cour du Sud a eu une réelle consistance. Avant 1354, les forces s’équilibrent, mais le schisme impérial s’est prolongé jusqu’en 1392. Cependant, à cette date, le régime des Ashikaga était déjà consolidé.
Remarque Chikafusa est aussi l’auteur du Jinno Shotoki (‘l’histoire de la succession correcte des Dieux et des empereurs’) : c’est un ouvrage de propagande en faveur de la cour du Sud. Chikafusa était un homme remarquable lettré, issu d’une famille installée près du sanctuaire d’Ise. Il est donc influencé par le Shinto d’Ise, une doctrine qui a connu un regain d’intérêt après les guerres mongoles. Selon cette doctrine, le Japon bénéficie de la protection des Kamis. La première phrase du livre dit même « le Japon est le pays des Dieux ». Selon Chikafusa, le Japon serait supérieur aux autres pays car il y a une continuité totale entre les Dieux et les empereurs.
2) L’établissement du shogunat des Ashikaga
Malgré les vicissitudes militaires que la cour du Sud a occasionnées, Ashikaga Takauji (mort en 1358) a mis en place dès la fin des années 1330 un nouveau régime qui est une reproduction du régime de Kamakura, mais géographiquement inversé. Le nouveau bakufu est installé à Kyoto dans le quartier de Muromachi, c’est pourquoi on parle d’époque de Muromachi (1338-1573).
En 1338, Takauji s’est fait concéder le titre de shogun par le nouvel empereur. Mais alors qu’à Kamakura, on avait le pouvoir politico-militaire à l’Est et le pouvoir impérial à l’ouest, pour le régime de Muromachi, la résidence impériale ainsi que le bakufu se situent tous les deux à Kyoto. Un vice-shogunat est cependant installé à Kamakura, par une branche cadette des Ashikaga.
Takauji a été avant tout un homme de guerre, « guidé par sa seule ambition ». Il s’occupe du bureau des samurai, et des shugo (les gouverneurs militaires de province, grands vassaux du shogun), chargés de faire régner l’ordre dans les provinces. En revanche, Takauji est quelqu’un que l’administration et les affaires militaires ennuient, il les laisse donc à son frère Tadayoshi, beaucoup plus doué pour cela.
Takauji a dû maintenir un équilibre entre deux tendances : Une tendance conciliante qui veut parvenir à un arrangement avec la cour du Sud (incarné par Tadayoshi) Une tendance radicale incarnée par Ko no Moronao, un provocateur, assassiné en 1351.
Au départ, on a donc une grande instabilité. Après, les Ashikaga doivent faire face à des difficultés structurelles plus importantes. En effet, alors que Kamakura disposait d’une bureaucratie efficace, les Ashikaga manquent d’un appui administratif bureaucratique adéquat et n’ont d’ailleurs pas d’assise foncière et militaire très considérable, par rapport aux autres grandes familles. Ils ont donc du mal à tenir les grandes familles, notamment les Hosakawa, les Chiba, les Yamana , les Ôuchi, les Akumatsu, les Hatakeyama.
Le temps des Ashikaga est une période de trahisons, où la vieille fidélité vassalique n’a pas la même force que par le passé. On voit un affaiblissement du lien vertical, même s’il existe des ligues horizontales entre les guerriers, très serrées. C’est ainsi que les Ashikaga ont pu consolider leur régime.
3) L’apogée : Yoshimitsu et ses successeurs
Jusqu’au début du 15e siècle, les Ashikaga ont su établir un régime cohérent, mais l’apogée se situe sous le 3e shogun : Yoshimitsu. Il accède en 1368 mais il est mineur jusqu’en 1378. Pendant ces dix ans, le gouvernement est confié à un grand ministre : le Kanrei. Ce poste est confié à un membre de la famille des Hosokawa. Cette fonction a ensuite été l’objet d’une compétition acharnée.
Yoshmitsu accède donc en 1378, mais il se retire en 1394, et meurt en 1408. C’est un personnage très important de l’Histoire du Japon. C’est un prince fastueux, un très grand bâtisseur. Il est doué d’une grande habileté politique : il sait établir un jeu de bascule entre ses vassaux et ne pas se laisser menacer par eux. On retient aussi sa volonté de se poser en monarque, en souverain effectif. Il aurait peut-être voulu intégrer sa descendance dans la famille impériale. Alors que de manière générale les premiers Ashikaga ont affiché un mépris vis-à-vis de la cour, Ashikaga Yoshimitsu a entrepris de s’intégrer à la noblesse de cour pour mieux la contrôler.
Il a fait une carrière de cour selon les codes. Il a d’abord été auditeur, puis tiers-ministre et il est ministre de la gauche en 1381, avant de devenir ministre des affaires suprêmes. Bien sûr, ce n’était plus à la cour que revenait le pouvoir effectif, mais c’était quand même utile de l’avoir pour mieux la contrôler.
En 1372, se situe la fin du schisme impérial. C’est Yoshimitsu qui a mis en place un compromis avec la cour du Sud. En même temps, en s’intégrant dans le système de la cour, il se donnait un style plus monarchique. Il n’a laissé cependant à l’empereur aucun rôle politique, mais son rôle spirituel. La royauté effective du Japon, c’était Yoshimitsu qui l’avait.
En 1397, Yoshimitsu est déjà shogun mais il se retire. De plus, il s’est vu accorder par la cour chinoise le titre de roi du Japon. Au départ, il avait refusé, car cela induisait une vassalité vis-à-vis de l’empereur chinois. Il accepte finalement, car ça fortifie sa domination interne et ça peut réactiver les échanges commerciaux avec la Chine.
Yoshimitsu était très tourné vers les questions spirituelles bouddhiques. Lorsqu’il a une quarantaine d’années, il se retire en religion, et donne la fonction de shogun en titre à son fils Yoshimochi. En 1397, Yoshimitsu s’installe donc dans le célèbre « pavillon d’or », un pavillon en bois entièrement recouvert d’or. Cet édifice a brûlé en 1950 mais il a été entièrement reconstruit à l’identique.
Le temps de Yoshimitsu représente donc l’apogée du système. Après lui les choses commencent déjà à se dégrader peu à peu. Son fils, notamment, avait une rancune contre lui et a inversé sur bien des points les orientations de son père. Lorsque Yoshimochi meurt en 1428, il n’a pas encore réglé sa succession. Ce sont donc les principaux seigneurs qui choisissent un des frères cadets de Yoshimochi : Yoshinori, qui voulait revenir à la politique de son père, mais il y a eu des oppositions, donc son régime est devenu tyrannique et despotique.
Au final, il meurt assassiné en 1441 par la famille des Akamatsu. Cet épisode brutal a marqué la fin de la période efficace du shogunat des Ashikaga.
4) L’effondrement du shogunat : les guerres d’Ônin
Le second successeur de Yoshinori est Yoshimasa, qui abdique en 1473. On a dit de lui qu’il avait été un mauvais gouvernant, ce qui est vrai mais ce n’est pas là la seule cause de l’effondrement du régime des Ashikaga. C’est dû également au « progrès d’une lente maladie », une phase de morcellement des pouvoirs. Le rapport de force entre les Ashikaga et les autres grandes familles était incertain, et les relations se détérioraient entre le shogunat et les chefs shugo. Après Yoshinori, les shugo sont devenus des « shugo daimyos », que les shoguns n’ont été en mesure de contenir. Ils gouvernent leur province comme si c’était un Etat indépendant.
Pour ce qui reste de pouvoir central, l’office dominant devient l’office de Kanrei (il y en a deux : un à Kyoto et un pour le Kanto, à Kamakura). Ces offices deviennent vite l’objet de disputes entre quelques grandes familles. En plus, le shogun d’alors, Yoshimasa (qui accède en 1449, et abdique en 1473) est un personnage de grande qualité intellectuelle, et esthétique. C’est quelqu’un qui n’était pas fait pour être à la tête d’un gouvernement militaire. Il ne s’est d’ailleurs pas trop intéressé aux affaires de l’Etat. Le gouvernement va susciter des désastres.
Yoshimasa admirait beaucoup Yoshimitsu, son grand-père, notamment pour son faste et son style monarchique. C’était vraiment une participation à un univers esthétique. Yoshimasa a contribué à établir les rites de la cérémonie du thé, qui se sont précisés au 15e et 16e siècle grâce aux « maîtres du thé ». Dans une période de stabilité, Yoshimasa aurait été considéré comme un excellent prince, mais c’est une période troublée et les calamités s’accumulent : révoltes paysannes, calamités naturelles (tempêtes, famines) de 1457 à 1467.
De 1467 à 1477, le Japon est plongé dans les guerres d’Ônin, qui opposent des grandes familles aristocratiques qui veulent dominer le pouvoir shogunal et occuper le poste de kanrei. Ces familles en compétition n’y ont rien gagné, sauf de se faire supplanter par les grands vassaux dans leur propre province. Les désastres liés à la guerre sont considérables : Kyoto par exemple, qui était une ville populeuse de 150 000 habitants a brûlé à plusieurs reprises et a perdu une grande partie de sa population (qui diminue à 60 000). Les destructions sont donc très graves, ainsi que les pertes humaines. Des armées considérables, avec beaucoup de fantassins connus comme « ashigaru » (pieds légers), recrutés parmi les couches populaires, souvent des gens sans attache et qui pillent tout sur leur passage.
C’est sans doute la pire guerre intestine qu’a connu le Japon. En 1473, Yoshimasa se retire car il se sent incapable de maîtriser la situation et de dominer les shogus daimyos. Il s’est retiré non pas en religion, mais pour pouvoir se consacrer à une vie d’esthète, au pavillon d’argent, situé près de Kyoto, achevé en 1493. En 1493, le système shogunal (bakufu) ou ce qui restait de pouvoir central était dominé par Hosakawa. Le chef Hoso Masamoto, par un coup d’Etat, s’empare du poste de Kanrei de Kyoto. Jusqu’aux années 1550, c’est la famille Hosokawa qui domine le système (ses membres nomment et destituent les shoguns Ashikaga). Les Hosokawa perdent le pouvoir en 1558, mais le dernier shogun Ashikaga est déposé en 1573.
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|  | | belzelph Chûgakusei


Nombre de messages: 152 Localisation: rennes Date d'inscription: 19/11/2006
 | Sujet: Re: 7 ) « Le second Moyen-Age » Lun 16 Juil - 0:02 | |
| Je poste une serie de sujet sur l'histoire du japon. Ceci est le résultat d'une prise de note. j'ai suivis cette initiation à la fac il y a deux ans déjà. vous pouvez la lire vous en servir mais ne nous l'approprier pas merci | Citation: | II / Une société dynamique
Aux 14e, 15e, 16e siècles, c’est une phase instable où prévaut l’instabilité politique et les hiérarchies et les valeurs sont mises en péril jusqu’à un certain point. Ces changements ne peuvent cependant pas être décrits comme une révolution sociale. C’est une période d’un vigoureux dynamisme économique et social, et d’une grande créativité dans le domaine artistique.
1) Le dynamisme économique
A. L’économie agraire et les échanges locaux
Les échangent locaux résultent de l’essor de la production agricole, dû surtout à une exploitation plus intensive de la terre en une double, voire une triple récolte. On manque de documents pour quantifier l’essor de la production, mais on voit que les échanges se développent et s’intensifient (notamment le commerce interne, qui profite à des hommes d’affaires enrichis mais aussi aux nobles de cour et aux temples, qui se reconvertissent : ils patronnent parfois des guildes (=associations) artisanales ou marchandes. Ils font aussi office de prêteurs sur gage à grande échelle, de riz, mais aussi de monnaie (pendant cette période, la monétarisation, qui a commencé au 13e siècle, s’accélère). Ces prêteurs sur gages sont cruciaux, indispensables, et souvent détestés.
Alors qu’à la fin du 12e et au début du 13e siècle, le développement touche surtout le Japon de l’Est (plaine de Kanto et autour), ici, on a un grand dynamisme du Japon de l’Ouest (une zone cruciale qui se situe entre la baie d’Osaka et le lac Biwa). Cette zone se développe beaucoup, ces régions sont tournées vers l’approvisionnement de la capitale.
B. Le développement de l’activité maritime
Le Japon est une île, assez à l’écart du continent. Les distances ont longtemps été un obstacle. Mais pendant le « second Moyen-Age », on a un développement du commerce international, et plus globalement, un développement des échanges dans tout l’Extrême-Orient. A partir du « second Moyen-Age », la mer devient moins répulsive pour les Japonais, et la Chine entre réellement dans l’univers concret des Japonais.
Au 15e, les navires sont de plus en plus nombreux à naviguer entre la Chine, la Corée et le Japon. Notamment, les ports de Hakata (actuelle Fukuoka), de Hyogo (actuelle Kobe) et e Sakai (un actuel faubourg d’Osaka) se développent. Aux 15e et 16e siècles, l’activité de ces ports était comparable à l’activité des ports de la Hanse (Lübeck, Hambourg, Brême) voire de Venise. Des documents découverts pour Hyogo en 1445 montrent que ce port avait une activité portuaire comparable à celle de Lübeck. Cers 1470, Sakai était en pleine expansion, elle apparaît comme une ville libre de 40 000 habitants, gérée par un conseil de marchands.
Le royaume de Ryukyu jouait un rôle important dans le commerce, et plus particulièrement Okinawa. Ces îles ont en effet mis du temps à s’unifier politiquement. Ce sont des îles de peuplement japonais, mais politiquement séparées du Japon, c’est un ensemble politiquement distinct, vassal de la Chine. Les marins et commerçants de Ryukyu sont des intermédiaires actifs entre le Japon, la Chine et la Corée.
Mais ce développement maritime n’a pas eu que des conséquences positives, car il correspond aussi à un développement de la piraterie. Les pirates sont en réalité des marins qui ont une activité à deux volets : une activité d’échange, et une activité de piraterie. Cette piraterie existait de tous temps dans les mers japonaises, mais à partir de la 2e moitié du 16e siècle, la piraterie des Wako (‘envahisseurs japonais’) se développe et lance sur les côtes japonaises et chinoises des assauts et des incursions comparables à celle des Vikings. Ces Wako ont été une nuisance pendant plusieurs siècles. Le shogunat, notamment celui de Yoshimitsu a entrepris d’éradiquer la piraterie, mais ces efforts n’ont pas eu d’effet durable.
Le Japon est un pays ouvert sur le dehors, il fait figure de pays dynamique, fluide. Il adopte facilement les apports de l’extérieur, et même, à partir de 1540, les apports occidentaux : - apports techniques (mousquets, surtout après 1543 – contexte de guerre) - apports religieux : le christianisme y a gagné une certaine audience, surtout à l’Ouest
2) L’effervescence locale : le temps des ligues
Un des traits du Japon au Moyen-Age, c’est l’éclatement des pouvoirs, notamment, comme nous l’avons vu, la perte d’emprise du pouvoir central au profit des shugo daimyos qui veulent faire de leur province des Etats indépendants (voir carte du poly). Mais plus localement, le pouvoir seigneurial lui-même est souvent contesté. Il faut souligner que le Japon du « second Moyen-Age » voit proliférer les autonomies locales, notamment les ligues. Ces ligues fonctionnant sur une base égalitaire et solidaire sont appelées ikki.
Dès le premier Moyen-Age, se multiplient les associations entre les gens d’une même activité, d’un même lieu, ou d’un même milieu social. Mais c’est ligues sont particulières, car elles sont fondées sur un serment collectif. Ikki désigne « un groupe de personnes animées d’un état d’esprit solidaire que rend l’expression ichimi doshin : ‘un seul corps, un même cœur’ ». Les ligues sont donc fondées sur un serment collectif, conclu dans des sanctuaires, associant une divinité. Ces ligues pouvaient regrouper divers types de gens :
Des guerriers locaux, unis pour la défense de leurs intérêts, unis contre les vassaux du bakufu, jugés oppressifs. Ces ligues ont une grande cohésion militaire et les gouverneurs doivent compter avec elles et n’ont pas intérêt à s’y opposer.
Des ligues paysannes, qui se développent surtout au 15e siècle : les do ikki, qui apparaissent comme des instruments de lutte des communautés paysannes contre les oppresseurs locaux. Elles reposent sur une solidarité qui doit être sans faille, il peut y avoir de terribles sanctions pour celui qui n’est plus solidaire (mise à mort avec sa famille dans d’horribles conditions, etc.). Ces ligues paysannes peuvent avoir une efficacité militaire car elles sont encadrées par de petits guerriers locaux , qui sont à la limite entre la paysannerie aisée et le monde des guerriers : ce sont les jizamurai (la couche inférieure du monde des guerriers samurais).
Au départ ces ligues ont un objectif limité, qui est l’autodéfense paysanne contre les abus des seigneurs, pour des allègements de redevance, auxquels ils parviennent très souvent. A partir de la fin du 15e et du début du 16e siècle, certaines ligues prennent de l’ampleur, et peuvent devenir des ligues cantonales ou régionales. Ces ligues sont en principe égalitaires dans leur fonctionnement. Elles apparaissent dominées socialement et militairement, même si les jizamurai tentent malgré tout de constituer une espèce de « gentry ».
Mais ce phénomène de constitution des ligues devient un phénomène de première grandeur quand, à la fin du 15e, il se conjugue avec une secte bouddhique radicale : ikkô (c’est une branche de la « véritable secte de la terre pure »). Cette « véritable secte de la terre pure » est issue de l’école bouddhique de Shinran. Mais avec le temps, cette secte s’est cléricalisée, et cette branche des disciples de Shinran est devenue peu à peu une secte structurée autour du temple de Hongan-ji, près de Kyoto. Elle insiste sur la foi dans le Bouddha Amida. Cette ikkô s’est donc conjuguée avec certains do-ikki, et a joué un véritable rôle fédérateur : ainsi émerge une fédération de ligues appelée ikkô-ikki.
Ce mouvement socio-religieux, égalitaire, centré sur la foi, puritain, a affecté surtout le Japon central. Finalement le mouvement ikkô-ikki a été brutalement écrasé dans les années 1570 par un seigneur de la guerre : Oda Nobunaga (dont nous reparlerons).
Les villes et notamment les ports, étaient donc largement autonomes et constituaient des sortes de communes urbaines (Hakata, Hyogo, Sakai, Nagoya, Kyoto).
3) Une époque créative
Pendant la période de Muromachi, l’élévation du niveau de vie moyen est réelle, c’est le temps d’une culture, d’une splendeur nouvelle. C’est un paradoxe, car c’est une époque brillante et créative en dépit de l’instabilité et des guerres. Au cours des 15e, 16e siècles, ce n’est plus la cour qui en est la source car elle traverse un moment de grande difficulté économique. Le mécénat est le fait de guerriers importants (de grands seigneurs régionaux) et de bourgeois enrichis.
Quant aux artistes, ils viennent souvent du monde des Hinin. Ils portent souvent des noms en –ami car c’est une abréviation d’Amida. Ce sont donc de manière générale de gens d’origine modeste, comme c’est surtout le cas des dramaturges les plus connus comme Ken.Ami (1333-1384) ou son fils Ze.Ami (1363-1443), qui est à l’origine du théâtre Nô. L’art des jardins se développe également. Cet art a une origine chinoise, mais il s’est vu largement perfectionné au Japon. Les concepteurs de jardins viennent presque tous du monde des hinin, comme Zen.Ami, un fils d’équarrisseur, ou encore No.Ami, un maître du thé du temps du Shogun Yoshimasa.
Pendant cette période, le goût évolue vers une sobriété. A la fin du 15e siècle, on a construit le pavillon d’argent, qui a été remarqué pour être d’une mélancolie calculée. D’une certaine façon, il se rattache au pavillon d’or, par ses proportions. Mais alors qu’il aurait dû être complètement recouvert d’argent, ainsi qu’entouré d’un gravier très blanc, afin que la lumière de la lune vienne s’y refléter, il est finalement resté en bois, car il n’a pas reçu l’argenture, ce qui lui donne une allure brune.
A la fin du 15 et au début du 16, on a un souci de la sobriété et du dépouillement : c’est ce qu’on appelle l’esthétisme Kotan (‘élégance dans la simplicité’). On va parler plus globalement de style wabi (les choses simples). La manière wabi peut être considérée comme une manière volontairement pauvre, mais d’une pauvreté calculée, qui vise à se concentrer sur l’essentiel. Le terme de wabi désignait à l’origine « les tourments et la langueur d’un être qui n’a plus sa place dans la société ». Mais il a acquis une connotation positive à l’époque de Kamakura, dans le cadre d’une morale ascétique prônant l’érémitisme. Le sens actuelle s’établit à l’époque le Muromachi, avec le développement de l’art du thé. Se développe un goût pour la simplicité, pour le dépouillement à travers lequel s’exprime un idéal moral qui voit la richesse dans le cœur de l’homme et non dans ce qu’il possède.
Cette nouvelle orientation du goût doit beaucoup à l’influence du zen. Cela vaut notamment pour l’art des jardins : dans certains monastères zen, on faisait des « jardins secs », qui étaient parfois uniquement fait de minéraux. Se développe aussi une nouvelle conception des jardins aristocratiques (généralisation des tatamis, des panneaux coulissants de papier blanc translucide). La cérémonie du thé elle aussi a eu une influence zen. On l’appelle aussi chado ou chanoyu, qui signifie ‘eau chaude pour le thé’. En fait, le thé a été importé du Japon depuis la Chine. En réalité il est connu de longue date au Japon, mais il est utilisé de façon limitée. Les rites du thé ont été introduits au Japon par le moine Eisai (1141-1215), qui y introduit aussi les rites du thé. Cet usage s’est diffusé au Japon aux 13e et 14e siècles. A l’origine, au 14e, ont été organisées de grandes réunions de thé, réunissant beaucoup de monde, notamment des tournois de thé, qui consistaient à identifier les différents crus de thé dans un esprit ludique, quasi basara.
La cérémonie du thé était définie comme une réunion entre intimes autour du thé, dans une maison spéciale à cet usage, dans un esprit wabi. Le chanoyu doit créer une atmosphère particulière, détachée des tracas de la vie de tous les jours. La cérémonie du thé est mise au point par des maîtres du thé, au temps de Yoshmasa. Les grands maîtres du thé sont No.Ami et Murata Jukô (le maître du thé attitré de Yoshimasa). Mais le plus connu est Sen no Rikyo (1522-1591), qui est issu d’une famille de marchands de poissons de Sakai. Lui-même a été le disciple de Takeno Joo (1502 1555). Sen no Rikyo est celui qui a vraiment défini le rituel tel qu’il existe aujourd’hui.
Pour Sen no Rikyo, cette cérémonie du thé se caractérise par les notions harmonie, respect, pureté, tranquillité. Il a et la faveur des puissants, comme Nobunaga et Hideyoshi. Au final, après s’être brouillé avec Hideyoshi, il est contraint au suicide par ce dernier.
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|  | | belzelph Chûgakusei


Nombre de messages: 152 Localisation: rennes Date d'inscription: 19/11/2006
 | Sujet: Re: 7 ) « Le second Moyen-Age » Lun 16 Juil - 0:04 | |
| Je poste une serie de sujet sur l'histoire du japon. Ceci est le résultat d'une prise de note. j'ai suivis cette initiation à la fac il y a deux ans déjà. vous pouvez la lire vous en servir mais ne nous l'approprier pas merci | Citation: | III / Le temps des « provinces en guerre » (fin 15e, début 16e) et les entreprises de réunification
1) L’évolution d’ensemble
Le temps des « provinces en guerre » est dit Sêngoku Jidai. C’est une expression élaborée par des historiens de la période l’Edo, tentés de plaquer des concepts d’histoire chinoise. Ici, l’expression est calquée sur la phase des « royaumes combattants » en Chine. Ce n’est pas une période officielle, car elle ne renvoie pas à la période d’un suprématie d’une ville. Elle s’étend sur la période de Muromachi et sur les périodes d’Azuchi et Mamayama (1573-1603). C’est une période d’éclatement des pouvoirs après les guerres d’Ônin (1477) et jusqu’à la ruine du shogunat en 1573. Le pouvoir Ashikaga est inopérant, surtout depuis le coup d’Etat de 1493, quand Hosokawa Masamoto s’empare du poste de Kanrei. Pendant le temps des « provinces en guerre », le Japon devient une mosaïque de pouvoirs divers qui viennent - des seigneurs de la guerre (Sengoku daimyos) - des ligues, notamment ikkô-ikki - des villes autonomes - de grands monastères pourvus de milices fournies. Remarque sur les sengoku daimyos : ils sont plus de 250 vers 1500, mais ils sont de puissance inégale. Ils dominent quand même une voire plusieurs provinces en guerre en toute indépendance, et s’appuient sur des clientèles guerrières.
Une enveloppe se maintient tout de même : - le bakufu (shogun + 2 kanrei) - le pouvoir impérial
Pendant cette période, de grands traits observés depuis le 14e s’accentuent. Les reclassements sociaux, ou gekokujo Parfois, des ligues paysannes peuvent mettre en échec de grandes familles aristocratiques, on voit le déclin de famille parfois puissantes, certaines sont même remplacées par leurs vassaux. Par exemple, les Ouchi en 1551 ont été brutalement évincés par leurs vassaux, les Sue, eux-même promptement éliminés par les Mori. On voit l’ascension issus de second rang parmi les samurai, voire parfois en dessous, des jizamurai par exemple, comme les Hideyoshi. Ce sont des gens qui s’élèvent grâce à une efficacité personnelle, mais aussi une ambition sans scrupules.
Dans les dernières décennies du 16e, ces seigneurs de la guerre vont parfois réussir à réunifier de larges parties du Japon , réunifications qui s’opèrent d’abord régionalement. On a une compétition complexe entre les seigneurs de la guerre, qui profite successivement à trois personnages principaux : - Oda Nobunaga jusqu’en 1582 - Hideyoshi jusqu’en 1598 - Tokugawa Ieyasu, à l’origine de la puissance de la famille Tokugawa. C’est le vainqueur final de la lutte
Oda Nobunaga est issu d’une famille de vassaux affaiblie, ruinée. C’est un chef charismatique et ouvert, un personnage sans préjugé, très brutal dans ses méthodes. Il devient maître de 20 provinces.
Ce qui reste de pouvoir central (de 1493 à 1558) est entre les mains des Hosakawa, qui exercent l’office de Kanrei pour les shogun Ashikaga, des shoguns fantoches en réalité. La période du temps des provinces en guerre débouche sur des entreprises de réunification, dans un premier temps, partielles. Les premières tentatives ont en effet été faites sur une assise provinciale et dans la périphérie, car le Japon central était morcelé à l’extrême. Cette réunification a ensuite été étendue au reste du Japon à la faveur d’une compétition entre les grands seigneurs de la guerre, qui ont pu constituer de grosses principautés régionales, qui combattent, ensuite, entre elles.
2) Les « réunificateurs » : Nobunaga, Hideyoshi et Ieyasu Oda Nobunaga Il est issu d’une famille de vassaux appauvris : les Oda. Dans son ascension politique et militaire, il a du vaincre des seigneurs puissants comme Imagawa et Takeda. Du reste, le chef des Takeda, Takeda Shingen, un seigneur belliqueux a été la bête noire de Nobunaga. Les Takeda sont installés dans la province de Kai. Nobunaga est quelqu’un de moderne, sans préjugés ni respect pour les tradition et extrêmement brutal dans ses méthodes, capable toutefois d’un grand raffinement. En 1571, il s’attaque aux moines du Mont Hiei, et sévit de la même manière contre l’Ikko-Ikki, dont il fait brûler 20 000 fidèles. Il a cependant épargné le centre de la secte, le Hongan-Ji, grâce à une intervention de l’empereur. Nobunaga est aussi un stratège moderne, peu soucieux de l’éthique chevaleresque. Il utilise des armes à feu, notamment des mousquets pendant la bataille de Nagashino, en 1575, contre Takeda Katsuyori. Notons tout de même qu’il n’est pas le seul : Takeda Shingen avait déjà fait usage d’une cinquantaine de mousquets.
Nobunaga a déposé le dernier shogun Ashikaga en 1573, mais, finalement coincé par surprise, il doit se suicider en 1582.
Hideyoshi Il a une origine très modeste, car il est issu d’un milieu paysan. Son père était tout de même guerrier à l’occasion comme Ashigaru (‘pieds légers’), un contingent de fantassins très employé pendant les guerres d’Ônin. Originellement, il s’appelait Tokichi, et n’avait pas de nom de famille du fait de son origine modeste. Les aptitudes et le culot de Tokichi le font devenir général de Nobunaga, qui lui donne alors le nom d’Hideyoshi. En 1585, il reçoit le nom familial de Toyotomi (‘ministre plain de générosité’). Il parachève la réunification entreprise par Nobunaga, et commence une espèce de normalisation, qui sera systématisée après lui par les Tokugawa. En effet, il a entrepris d’établir une distinction nette entre la paysans et les guerriers samurai. Il interdit ainsi aux paysans de conserver un sabre : il fait une « chasse aux sabres », avec le métal desquels il fait fondre un grand Bouddha. La catégorie des Jizamurai doit, elle, choisir car elle est à la limite du monde paysan et du monde des guerriers. Ce sont eux qui encadrent le plus souvent les ligues paysannes. Hideyoshi a donc un souci de catégoriser la société, et cette politique sera amplifié par les Tokugawa.
Hideyoshi était plus conservateur que Nobunaga, plus attaché au bouddhisme, et plus respectueux de la cour. Il reçoit divers titres, comme celui de Kanpaku (grand chancelier) ou celui de régent (comme le Hojo).
On peut distinguer deux périodes pour Hideyoshi : une période positive au début, et négative à la fin. En effet, il apparaît, au début, comme un dirigeant avisé et plein de bon sens, économe dans la vie de ses soldats. En revanche, à la fin, Hideyoshi est devenu mal équilibré, cruel et mégalomane. C’est dans ces conditions qu’il contraint au suicide le maître du thé Sen no Rikyu en 1591. Il a eu pour perspective de vouloir conquérir le monde, et a entrepris de conquérir la Corée, en vain, sans y voir la difficulté. Il meurt en 1598.
Tokugawa Ieyasu Il s’est imposé face au jeune fils d’Hideyoshi, Hodeyori. Ce n’est pas son nom originel. Au départ, il s’appelle Matsudaira Motoyasu, et il est né en 1542. Il a donc 56 ans à la mort l’Hideyoshi. C’est le fils aîné d’un chef de clan guerrier de second ordre : les Matsudaira de la province de Mikawa, près de la baie de Tokyo. Ces Matsudaira ne se sont pas imposés, car ils étaient un peu cioncés entre des gens plus importants : les Oda et les Imagawa. En 1561, il s’est rallié à Nobunaga, et en 1566 la cour lui a octroyé un nouveau nom : Tokugawa Ieyasu. Ieyasu s’est comporté en bon allié de Nobunaga et Hideyoshi, mais, soucieux de préserver son indépendance, il se constitue une puissante domination dans la zone de la côté est. Hideyoshi le considérait comme un homme de confiance et l’avait inclus dans le conseil de régence pour son fils Hideyori. C’est au sein de ce conseil que Ieyasu s’est imposé pour lui-même.
En 1600, à la bataille de Sekigahara (à l’est du lac Biwa, et au nord de Nagoya), il assure par une victoire son pouvoir. En 1603, il se fait concéder le titre de shogun (titre qui avait disparu en 1573, quand le dernier shogun Ashikaga avait été déposé. Il établit alors le nouveau bakufu à Edo, alors que la cour impériale reste à Kyoto. Il a recrée la bipartition géographique entre la cour impériale d’un côté, et le pouvoir politico-militaire de l’autre. Les Tokugawa ont parachevé l’unification du Japon, et ont ensuite procédé à la fermeture du pays et à une normalisation de la société par un cloisonnement social rigide. La période d’Edo est tout de même une période brillante pour la culture et les arts.
3) Remarques sur le temps des provinces en guerre et les « réunificateurs »
A. Les restructurations féodales
Pendant le temps des provinces en guerre, les principautés à base régionales se consolident. Elles reposent sur la reconstitution de type féodale cohérente, et militairement crédible. Aux 11e et 12e siècles, on a vu la première mise en place des regroupements guerriers, et fin 13e, début 14e, le système féodal est disloqué, les fidélités fluctuantes. Pendant le temps des provinces en guerre, il y a toujours des trahisons, mais surtout aux sommet. En ce qui concerne la masse des guerriers, on observe la reconstitution d’un encadrement féodal cohérent, dont le régime des Tokugawa va tirer parti.
B. L’institution impériale
Le Japon est politiquement très morcelé, mais il reste une institution impériale importante, même si elle n’a plus de pouvoir effectif à proprement parler. Cependant, l’institution impériale et la cour gardent un certain prestige, ne serait-ce que religieux. Souvent, Nobunaga et Hideyoshi sont d’ailleurs représentés en dignitaires de cour selon les canons traditionnels. En outre, Nobunaga a tenu compte à plusieurs reprises d’interventions impériales en faveur d’institutions bouddhiques. - en 1580 en faveur du Hongan-Ji - en 1582 en faveur des moines du Mont Koya, dont l’empereur craignait qu’ils ne subissent le même sort que ceux de l’Enryaku-Ji en 1571 L’empereur gardait donc une certain influence vis-à-vis du pouvoir politico-militaire.
C. Nobunaga et les bouddhistes
On a dit de Nobunaga qu’il était une « brute sans cœur et sans pitié », au vu des destructions d’édifices religieux et des massacres importants de moines, notamment de l’Ikko-Ikki. On a en outre vu souvent chez Nobunaga une hostilité au bouddhisme. Cette hostilité supposée aurait conduit Nobunaga à favoriser les chrétiens qui ont par ailleurs acquis avec Nobunaga une position acceptable. En réalité, il faut nuancer cette vision. Nobunaga n’était sans doute pas hostile au bouddhisme en tant que religion, mais il détestait le fait que les moines aient un quelconque pouvoir politico-militaire. En fait, il ne traite pas les institutions bouddhiques différemment des autres institutions militaires.
L’Ikko-Ikki notamment tendait à devenir une espèce d’Etat religieux, dirigé par l’abbé du Hongan-Ji, jusqu’à la ruine politique de l’Ikko opérée par Nobunaga. Militairement, c’était une secte efficace : c’était la première à utiliser les mousquets de manière systématique, et à s’être constitué un arsenal qui en fabrique en grande quantité au Hongan-Ji. Nobunaga s’est montré par ailleurs plutôt bienveillant envers les sectes bouddhiques pacifistes.
Remarque : au 15e siècle, le bouddhisme n’est plus dans une phase de dynamisme spirituel et apparaît sur la défensive. On parle pour cette période de « déchéance » du bouddhisme. A partir du 13e siècle, on voit du côté shinto une tentative de se dégager de m’emprise du bouddhisme : une tendance à la distanciation.
D. Les débuts du christianisme au Japon
Pendant le temps des provinces en guerre, puis sous Nobunaga et Hideyoshi, le christianisme pénètre au Japon. Cette première pénétration a été sans grande suite du fait de la persécution qui a sévi pendant les dernières années du 16e siècle, et n’a pas réellement transformé le pays, sauf marginalement, comme à Kyushu. Vers 1585, le Japon comptait tout de même quelques 300 000 chrétiens, et vers 1600 encore davantage, dans toutes les strates de la société.
A partir de 1542 donc, le christianisme aborde au Japon avec les Portugais. En 1549, le jésuite François-Xavier aborde à Kyushu et pendant un temps, la plus forte positions des chrétiens est à Kyushu. Le christianisme avait gagné une certaine audience jusqu’à Kyoto quand les missionnaires jésuites ont eu une entrevue avec Nobunaga en 1569 qui s’est bien passée. La propagation du christianisme n’a donc pas été entravée par Nobunaga. Hideyoshi, plus conservateur, a été plus circonspect car il a craint une évolution centrifuge centrée sur l’île de Kyushu. Dès 1587, il a pris un décret expulsant les jésuites, qui sera mollement appliqué (plus une menace qu’autre chose). Mais sa position s’est durcie par la suite et les persécutions caractérisées commencent en 1597. Tokugawa continue ensuite dans ce sens.
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